Un mieux, un rêve, un cheval...

09 mai 2012

Jean-Pierre Bacri dans Cuisines et Dépendances :



"La majorité ? Laquelle d'abord ? Celle qui pensait que la Terre était plate ? Celle qui veut rétablir la peine de mort ? Celle qui se met une plume dans le cul parce que c'est la mode ?"



Réflexion du soir, bonsoir.



mais en fait ils sont débiles !

 

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J'ai longtemps hésité entre les deux, mais finalement... C'était trop tentant, Ô ignoble facilité d'humour stupide. Ha ha.

 

PS : Ireland, as always.

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25 février 2012

Elle était étonnée de son propre reflet.

MUSIC

L'araignée a huit pattes, longs filaments sombres arrangés en étoile autour de ce corps ridicule. Elle regarde la bête, trônant au milieu de la toile patiemment filée. Elle concentre son esprit sur cette oeuvre d'art, ce miracle de solidité si fragile. 
Mais bientôt, l'exercice échoue, et c'est une tout autre image qui s'impose dans son esprit. Elle devient rêveuse, et dessine mentalement les traits de son visage ; une mâchoire nerveuse, un front carré, ces deux grands yeux bleu nuit soulignés de cils noirs comme l'ébène, le nez droit, la bouche fine. 
Elle sent encore sur sa joue la caresse furtive de l'autre, le temps d'une bise dans le froid hivernal. Mille fois, ce visage s'est imposé à elle ; mille fois elle l'a repoussé ; mille fois elle a échoué. Son âme toute entière est tournée vers lui, et elle sent dans sa peau le sang couler, son sang à lui. Elle le sait.
Elle le sent dans la rosée du matin, elle le sent dans le froid brûlant de Décembre, elle le sent dans le vent qui s'engouffre sous son manteau. Il est en elle, elle s'est avouée vaincue. Elle connaît le danger. Elle connaît sa gentillesse mais sa banalité physique. Elle connaît le regard des hommes sur elle, ou plutôt cette absence de regard,   comme si elle n'existait jamais que quand elle parlait. Et cela lui arrivait rarement. 
Elle connaît le danger des autres filles, de celles qui lui plairont. De celles qui effleureront ses lèvres, de celles qui effleureront sa peau. Elle connaît la souffrance qu'elle portera en elle à ce moment-là, mais se taira, comme toujours, pour ne pas le perdre. Déjà, elle sent la résignation la prendre, l'éternelle absence de mouvement qui la caractérise. 
Il y a une solution pourtant, mais elle ne s'y est encore pas résolue. Chaque fois, elle a préféré partir, quand elle constatait l'indifférence de l'être aimé. Mais avec lui, tout est différent. Tout est plus intense et plus beau. Elle se surprend à des sentiments plus violents. Elle hait chaque fille à laquelle il parle, et chaque fille qu'il regarde plus encore. Elle hait sa transparence à elle, elle hait sa perfection à lui. La solution, elle la porte chaque jour avec elle.

Elle a mis la poudre blanche dans leurs deux verres. Ils ont trinqué, puis ils ont vidé leurs verres. Ils se sont écroulés l'un après l'autre, quasiment sans faire de bruit.

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A long time ago, Ireland, somewhere deep in the West.

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12 février 2012

Dieu est amour.

Enfin il paraît.

Des croisades aux fous de Dieu, aux ultras ou évangélistes, il paraît que Dieu est amour. Mais qu'est-ce que cela, l'amour ? C'est en son nom alors, que tant de guerres furent menées, que tant de femmes furent bafouées, que tant de familles furent détruites ? Dieu est peut-être amour, mais la religion est intolérante. La religion prétend à l'exclusivité de la vérité. Le droit chemin, le seul, le bon, le vrai, viens mon enfant, sur le chemin de l'amour. Chemin hérissé de barrières et de barbelés, pour empêcher ceux qui ne correspondent pas à leur définition de la vérité de rentrer. La vérité ? Sois amour, mais surtout ne t'éloigne pas du chemin. Ne t'éloigne pas de nous. Nous ne te forçons à rien, bien-sûr, mais si tu fais quelque chose qui ne correspond pas à notre vérité, nous t'écarterons. 

Alors, Dieu est amour ? Amour dans la vérité, amour exclusif, amour jalousé, vous êtes sérieux ? C'est ça, l'amour ? C'est cette merde qui vous bouffe les yeux, qui vous ratatine, vous rend jaloux, angoissés et rabougris ? C'est ça, Dieu ? C'est ça, la foi ? C'est ça qu'on apprend aux petits enfants dans les cours de cathéchisme ? C'est pour ça que tout ce monde s'est battu si longtemps, pour lui que tant sont morts ? Pour la vérité et l'amour d'un Dieu qui se nomme amour, pour la vérité d'une religion intransigeante qui dit servir ce Dieu ? Mais par pitié, ouvrez vos yeux et  votre coeur ! La meilleure façon de servir l'amour, c'est d'aimer !! Aimer sans condition, sans limite, aimer pour le geste, aimer parce que cela nourrit notre esprit, aimer parce que sans ça, nous mourriions tous. 

Soyons sérieux s'il vous plaît, l'amour n'appelle que l'amour. L'amour n'a pas de limite, ni d'exigeance, il existe pour lui-même, par lui-même, il suffit de le laisser entrer. L'amour n'a pas de préférence ; en lui, tout le monde trouve sa place, bien au chaud. L'amour est universel et total, c'est un don, que l'on reçoit et que l'on offre. L'amour n'est pas une question d'âge, ni de maturité. Il n'existe que pour lui-même, mais si grand et divin et tout ce que vous voulez qu'il soit, il est accessible. Il suffit de s'ouvrir à lui. 

 

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04 février 2012

Songe

Il faudrait que je songe
A rêver.
Il faudrait que tes yeux
Me disent.
Il faudrait que ton souffle
M'effleure.
Je voudrais me lover
Dans ton regard
Et peut-être croire
A l'éternité.
Mais il aurait fallu que mes rêves
Soient dans tes yeux
Il aurait fallu que tes mains
Embrassent mes hanches
Il aurait fallu que ma bouche
Se referme sur ton coeur.

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Irlande, lumière magique sur granit noir. 

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01 février 2012

Petite pluie sur les vacances.

Come on babe
Tell me when you wanna go

Pourquoi faut-il toujours qu'il pleuve les jours de grand départ ? Il flotte comme vache qui pisse, et moi, je dois charger ces putain de valises dans le coffre. Elle peut pas m'aider l'autre. Tu comprends, elle a dit, les enfants, le pique-nique, faut s'en occuper aussi. Alors c'est moi qui me retrouve tout seul à charger les valises de madame, de quinze tonnes chacune, les jeux des gosses, et m'arranger pour que tout ce bordel tienne dans le coffre. Et vive le partage des tâches. Soit disant, elle ne peut pas porter de choses lourdes, c'est un travail d'hommes qu'elle dit. C'est pourtant pas comme si elle était restée petite et mince. Les enfants ont eu raison de son physique fragile. Mariez-vous, ayez des enfants. Bref, je suis trempé de la tête aux pieds et je dois m'occuper des affaires de tout le monde. Youpi. Et elle a eu le culot de me dire que je salissais avec mes godasses trempées ! Il y a des baffes qui se perdent. Comme d'habitude, je ne réponds rien. Elle a le don pour me mettre en colère. Mais je me refuse à crier devant les enfants. Je me défoulerai sur la route, comme toujours. Sept heures dans le bruit constant des babillages des enfants et de sa voix nasillarde. Son discours oscillera entre ses plaintes et la vie de ses copines. Moi, j'ai le droit de fermer ma gueule, et je n'ai que la route pour oublier. Faire semblant de l'écouter, hocher la tête de temps en temps. La pluie est battante sur mon visage et ne parvient pas à laver ma colère. Le voyage va être long. La voiture est chargée. Elle n'a même pas été foutu de tenir les enfants prêts. Je dois encore attendre, et elle me reproche de ne rien faire. On y va quand tu veux, chérie. Je suis prêt, moi.

Nous sommes enfin sortis de la ville. Je vais pouvoir rouler. Je sais que la peur finira par l'empêcher de parler, jusqu'à ce que je me calme. La vitesse permet de m'accorder une pause bénie. Il pleut toujours à torrent, et le bruit des gouttes tombant sur le toit m'excite. J'adore rouler sous la pluie. La nationale est vide, mon pied enfonce doucement l'accélérateur. La voix de ma femme se perd dans le brouillard. Pluie, moteur, paysage qui défile sur le côté. La route est devenue pleine, entière. Elle s'offre à moi, complètement. L'autre a enfin fermé sa gueule. Les enfants n'existent plus. Le compteur grimpe, un léger sourire se dessine sur mon visage. Je suis aux anges. Encore un peu, un tout petit peu, et je relâcherai la pédale.

Je rouvre les yeux. Il me faut un certain temps pour comprendre que mes mains ne sont plus sur le volant. Tiens, où sont-elles d'ailleurs ? Je tourne difficilement la tête. J'ai le goût du sang dans la bouche et la vision trouble. Ma femme est toujours prêt de moi, mais elle a la carosserie enfoncée dans le corps et sa tête pend lamentablement sur le côté. Dans le rétroviseur, j'arrive à apercevoir les corps de mes enfants, enfin ce qu'il en reste, baignant dans le sang. L'arrière a apparemment été complètement défoncé.
Nous ne partirons plus en vacances ensemble. Je referme les yeux.

Posté par supernova_Oo à 19:47 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]